Vernissage : jeudi 3 septembre 2026 à partir de 18h.

Pour l’exposition, j’ai voulu me plonger totalement dans l’abstraction. En évacuant l’idée du sujet ou de l’image comme source de départ du tableau. L’intention était de m’immerger pleinement dans la peinture : sa surface, sa couleur, les rapports entre les tonalités. Ici, tout naît d’une intuition, d’un geste, d’une première ébauche chaotique. Je suis à la recherche d’une vibration, d’une matière particulière, mate et crayeuse. Par recouvrements et superpositions, je cherche à ce que la peinture suggère une harmonie, un équilibre, et qu’elle évoque une sensation. Je traque l’accident et l’imprévu.
Ce processus s’inscrit dans un temps long, celui de l’atelier. Les tableaux restent parfois entre deux états pendant plusieurs semaines. Certaines toiles sont d’anciennes peintures, vieilles de plusieurs années, que je viens recouvrir. Ils se construisent ainsi comme des couches géologiques. En laissant apparaître les restes du dessous, les repentirs, le tableau dévoile ses états antérieurs et ses propres bifurcations.
Ce qui en résulte, ce sont des archipels de formes. Des œuvres qui ressemblent à des paysages miniatures, des bouts de villes, des cartes incomplètes ou des fragments de murs. Au bout de ce chemin surgit une image involontaire, l’évocation d’un lieu ou d’un souvenir. C’est elle, finalement, qui donne son titre au tableau.
—Pierre Bellot, 2026