
Vue d’exposition | Installation view The God-Trick, PAV Parco Arte Vivente, Turin/IT, 2018. Courtesy PAV, Turin. Photo : Filippo Alfero
D’une surface de 10 hectares, le parc du Hangar Y est issu d’une longue histoire : conçu au XVIIème siècle par André Le Nôtre, il faisait autrefois partie des jardins du château de Meudon. Aujourd’hui encore, il offre un cadre paisible, et les œuvres exposées, souvent poétiques et inattendues, dialoguent harmonieusement avec les écosystèmes naturels et l’histoire du Hangar Y.
Un nouveau parcours, réunissant près de 25 œuvres contemporaines, a ainsi été imaginé pour favoriser l’interaction avec le public. Il fait rimer art et nature, interactivité et enchantement, afin de faire vivre la magie du lieu à travers le regard des artistes. Les visiteurs découvriront ainsi le banc enchanté de Pablo Reinoso, le cabinet de curiosités de Mark Dion, la maison étrange de Subodh Gupta, composée de centaines de casseroles, mais aussi des œuvres architecturales et de design pour la première fois avec Odile Decq et Kengo Kuma. Autant d’invitations à la rêverie, entre poésie et merveilleux, qui sollicitent notre imaginaire et jouent avec le fantastique.
Enfin, chaque année, un artiste émergent sera invité à dialoguer avec ces grands noms de l’art contemporain. Cette année, l’invitation est faite à Pauline Tralongo qui présente ses grandes échelles, pensées comme une envolée poétique vers le ciel.
Forêt de balais est une œuvre conçue en 2013 par Michel Blazy, présentée notamment au Domaine de Chaumont-sur-Loire puis à la 57e Biennale de Venise en 2017. Des centaines de balais fabriqués en paille de sorgho, contenant des graines de sorgho, sont plantés directement dans le sol, comme s’ils prenaient racine. Ce geste simple déclenche alors un processus irréversible : livrée au gré de la germination naturelle, l’œuvre évolue et se transforme tout au long de l’exposition. En se développant, les pousses redonnent littéralement vie aux balais et le sorgho redevient un jardin.
L’objet trivial du quotidien, apanage de la sorcière autant que de la ménagère, fait de bois et de paille, est ainsi rendu à un hypothétique état de nature, comme si ce fragment arraché aux prairies retrouvait enfin son origine. Michel Blazy laisse l’œuvre faire l’expérience du temps, tout en lui permettant de s’affranchir du geste artistique et d’abandonner toute tentative de contrôler l’œuvre. Germination et hasard deviennent les véritables co-auteurs de la pièce, incarnant le principe fondateur de toute la démarche de l’artiste : donner une impulsion initiale, puis laisser le vivant faire son œuvre.
