Michel Blazy, Le Portique, Havre (23.04-02.07.16)

Michel Blazy se plaît à interroger le vivant, sous toutes ses formes. De l’humain au végétal, l’artiste questionne notre environnement, nos us et coutumes, réintroduisant de la poésie dans le quotidien. Son inspiration, il la puise dans son jardin, dans sa vie même et dans tous les objets qui constituent des repères pour l’homme, dans la société contemporaine.

Au Portique, l’artiste transforme le sacro-saint white cube en boutique de mode, une sorte de “concept store”, où des appareils de consommation courante et des vêtements s’exposent, sans être à vendre, sortis du système, mais enrichis d’un nouveau sens. Invitation à observer notre monde et nos habitudes, sa scénographie bouscule les codes de monstration.
Espace de mode branché, Le Portique exhibe alors les rouages d’une société dont les ressorts sont la possession, le matérialisme, le jetable. Pour l’artiste, dont la matière première est le vivant, tout se transforme, rien ne disparaît. Les appareils de haute technologie se muent en réceptacles végétaux, la nature regagnant peu à peu ses droits sur le matériel. Des entrailles d’imprimantes, d’ordinateurs portables, de machines à café jaillissent des plantes. Ces objets dont la durée de vie est volontairement limitée, selon le principe de l’obsolescence programmée, retrouve un second souffle, perpétuant le cycle naturel. Vêtements et chaussures sont eux aussi gagnés par cette conquête galopante du végétal : ces icônes de la société de consommation s’effacent au profit d’un extraordinaire jardin.